samedi 26 novembre 2016

Citation "L'eau n'offre pas de résistance..."



"L’eau n’offre pas de résistance. Elle coule. En y plongeant la main, on ne sent qu’une caresse. L’eau ne forme pas un mur ; elle ne t’arrêtera pas. Mais l’eau va là où elle veut ; en fin de compte, rien ne peut s’opposer à sa volonté. L’eau est patiente. L’eau qui coule use la pierre. Souviens-t’en mon enfant. Souviens-toi que tu es à moitié eau. Si tu n’arrives pas à traverser un obstacle, contourne-le. C’est ainsi que fait l’eau.

Margaret Atwood, "L’Odyssée de Pénélope", 2005

LIVRE : "L'eau a t-elle une mémoire?"



«L’eau a-t-elle une mémoire ?» Pascal Ragouet
 
Sociologie d'une controverse scientifique

En juin 1988, paraît dans Nature un article où est affirmée la possibilité d’un effet moléculaire sans présence physique de molécule ; l’eau se comporterait comme un support liquide sur laquelle des signaux moléculaires pourraient être enregistrés. Cette thèse est soutenue par Jacques Benveniste, un chercheur de l’Inserm alors reconnu pour ses travaux sur les médiateurs de l’allergie. Le jour de la parution de l’article, le journal Le Monde parle d’une découverte qui «pourrait bouleverser les fondements de la physique ». C’est le début d’une immense polémique à laquelle Luc Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008, a redonné récemment une certaine actualité. L’objectif de ce livre est de proposer un éclairage sociologique sur cette controverse.

Après une description des étapes de la controverse, l’auteur s’attache à démontrer que le contenu des arguments et des contre-arguments qui font la trame de la dispute renvoie à des conceptions divergentes des modalités de mise en œuvre des normes au principe du jugement scientifique. Aucun des protagonistes ne remet complètement en cause ces normes, mais tous s’affrontent sur la façon dont il convient de les mettre en œuvre. C’est à la découverte des coulisses du processus de légitimation d’une thèse scientifique que le lecteur est convié à partir de l’étude de cette controverse qui a notamment contribué à relancer les débats sur l’homéopathie.



Table des matières :

mardi 22 novembre 2016

ETATS DE L'EAU : Le double état de l'eau liquide



Fondamentalement, l’eau demeure une grande inconnue comme le souligne par exemple cet article de Philip Ball (2008) : 




Dans ce blog, nous avions souligné le caractère double ou «Janusien» de la structure de l’eau tant d’un point de vue physicochimique que biologique



Un article récent intitulé “On the existence of two states in liquid water: impact on biological and nanoscopic systems” corrobore ce statut binaire de cette molécule vitale.

https://phys.org/news/2016-11-waterthe-liquid.html 

http://www.inderscienceonline.com/doi/pdf/10.1504/IJNT.2016.079670

 
L’étude de différentes propriétés physiques de l’eau par une équipe internationale de chercheurs menée par Laura Maestro de l’Université d’Oxford en Angleterre, a révélé qu’à des températures comprises entre  40 et 60° C et qualifiées de « températures de croisement »,  l’eau semble commuter entre deux états liquides.

Les paramètres mesurés comme la conductivité thermique, l’indice de réfraction, la conductivité électrique, la tension superficielle et la constante diélectrique, laissent apparaitre différentes températures de croisement, spécifiques des facteurs pris en compte.

L’explication de ces changements d’état semble attribuable aux propriétés des liaisons hydrogène intermoléculaires. Rappelons que la durée de vie moyenne de celles-ci est de très courte durée ; de l’ordre de la picoseconde (10-12 seconde) à température ambiante. De plus, ces liaisons d’hydrogène éphémères sont un élément important pour comprendre les arcanes de la structure moléculaire et des propriétés très singulières de l’eau.

Cette découverte qui reste à confirmer, présente des implications potentielles importantes dans 1) le comportement des nanoparticules, 2) l’explication de la dénaturation délétère des protéines dans les maladies neurodégénératives (maladies d'Alzheimer, de Parkinson…) et 3) plus généralement dans la compréhension et la prise en compte de l’eau à son échelle nanométrique en biologie, notamment concernant ses interactions avec les macromolécules biologiques (ADN, protéines…), comme le souligne notamment Pascale Mentré.

Liens :


 http://phys.org/news/2016-11-waterthe-liquid.html

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Surprise : l'eau est composée de deux liquides !


L'eau a des propriétés singulières qui déroutent encore chimistes et physiciens. En étudiant différentes formes de glace en train de fondre avec des rayons X, un groupe de chercheurs vient d'établir que l'eau liquide était en fait un mélange complexe de deux formes liquides de l'eau.





 
http://www.inderscienceonline.com/doi/pdf/10.1504/IJNT.2016.079670 


Une étude publiée dans la revue "Science" (22 décembre 2017) confirme que l'eau était bien un mélange complexe oscillant perpétuellement entre deux liquides différents. 

http://science.sciencemag.org/content/358/6370/1589 

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-eau-bien-composee-deux-liquides-67756/ 

 
L'eau à 4 °C est plus dense que la glace qui la surplombe. Le glaçon flotte. Mieux, dans certaines conditions de pression et de température, l'eau doit se séparer en deux phases liquides macroscopiques alors qu'elle est en général un mélange complexe. © Stockholm University 

samedi 8 octobre 2016

LIVRE: "L'homme et l'eau"



L'homme et l'eau : de la surconsommation à l'équilibre

Pénurie, pollution des nappes phréatiques, irrigation intensive, extractivisme… La « crise de l’eau » semble bien installée en ce début de XXIe siècle.

Victime du changement climatique, l’eau ne fait guère débat lors des conférences sur l’environnement. Pourtant, elle est au centre de défis essentiels pour l’avenir de l’humanité (agriculture, sécurité alimentaire, énergie, santé) et intimement liée aux trois piliers du développement durable : lutte contre la pauvreté, développement économique et préservation des écosystèmes.

Si l’équilibre n’est pas rapidement atteint, le monde devra supporter un déficit hydrique global de 40 % dès 2030, avec comme corollaire, la menace de tensions et de conflits autour des gisements naturels et des aquifères.

Mais loin des solutions invasives, des initiatives politiques et citoyennes voient le jour afin d’en finir avec la surconsommation et garantir un accès plus juste à cette ressource. Leurs actions visent notamment à l’autonomisation des populations, l’application du droit à l’eau et la réalisation de projets hydrauliques locaux, dans l’espoir d’inverser la tendance et de rétablir l’équilibre entre besoins humains et respect du cycle de l’eau.

Auteurs : Évelyne RAMELET et Pauline DALENÇON
Préface de Jean GLAVANY