dimanche 28 avril 2013

EAU ET BIOLOGIE (1) : L'eau, 99% de notre matière intime


« Pas de vie sans eau »

Ce constat fonde le « contrat » du vivant !


La vie est dit-on apparue "dans" les océans par la complexification progressive de la matière. Plus précisément, de récentes expériences scientifiques confortent l’hypothèse que les premières briques moléculaires de la vie (acides aminés, ARNs...) d'origine vraisemblablement extraterrestre, pourraient être apparues sur notre planète au sein d’un hydrogel composé d’un mélange d'eau de mer et de feuillets d’argile.

La composition et la proportion des minéraux de notre sang présentent une grande similitude avec l’eau de mer. La constitution de notre tissu liquide qu’est le sang attesterait de nos lointaines origines aquatiques comme l’affirmait Marcel Quinton.
De plus, la vie animale ou végétale foisonne bien plus dans les océans que sur les continents.
        
Tout être vivant est constitué majoritairement d’eau qu’il appartienne au règne végétal ou au règne animal. La teneur en eau d’un être vivant est de l’ordre de 70%. Cette moyenne présente cependant de surprenants extrêmes. Ainsi, une méduse est faite de 99,9 % d’eau en poids, les 0,1% restant sont des protéines. Par contraste, les tardigrades qui sont des animaux de taille millimétriques peuplant nos gouttières peuvent supporter une dessiccation complète (y compris la lyophilisation), un échauffement de 115°C, subir un refroidissement à – 200°C et reprendre vie !

Précisons que la lyophilisation est une déshydratation poussée par sublimation de l’eau qui est utilisée comme moyen de conservation de certains aliments. Cette possibilité d’anydrobiose, c’est-à-dire de déshydratation totale se retrouve également chez les nématodes (vers du sol), les rotifères et les collemboles (insectes). Cette absence d’eau n’est toutefois pas compatible avec une activité métabolique, il faut donc la présence d’eau cellulaire pour permettre une vie active.

La résistance des organismes à la dessiccation ou à la privation d’eau présente des limites variables au-delà desquelles le processus létal apparaît.  Un ver de terre peut être desséché jusqu’à 43% de son poids, chez l’homme, le pronostic vital est engagé si cette valeur dépasse environ 15%.

L’adaptation du vivant au milieu aqueux est une autre caractéristique des liens entre les organismes et l’eau. Nous évoquerons ainsi l’adaptation de certaines plantes (cactées, épiphytes, lichens…) ou animaux (gazelles, gerbilles…) à la sécheresse. Il existe également une remarquable adaptabilité cellulaire aux différences osmotiques entre l’eau salée et l’eau douce pour des poissons comme le saumon ou l’anguille lors de leurs migrations. Notons encore l’adaptation au gel de nombreuses espèces végétales ou animales. 

 
L’eau des êtres vivants tient une place non négligeable dans le cycle naturel de l’eau. Les animaux s’approvisionnent en eau essentiellement par les aliments et les boissons.

Les végétaux absorbent l’eau atmosphérique et celle du sol. Cette masse d’eau réintègre le milieu physique par 4 processus : perspiration, transpiration, respiration et excrétion. Notons par exemple que la photosynthèse qui permet aux plantes grâce à l’énergie solaire, aux minéraux et à l’eau de fabriquer leurs molécules organiques (protéines, sucres, graisses), nécessiterait  quelque 650 millions de tonnes d’eau par an.





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L'eau, notre matière intime



L’eau est le principal constituant du corps humain et notamment de tous les liquides organiques. Elle compose 60 à 70% du poids corporel. Un homme pesant 70 kg est constitué d’environ 40 litres de liquides sous forme de sang, de lymphe, de liquide interstitiel…(liquide extracellulaire) et de sérums cellulaires (liquide intracellulaire). Les liquides organiques sont répartis en deux compartiments principaux  - le compartiment intracellulaire et le compartiment extracellulaire.  


Les 2/3 environ des liquides organiques sont contenus dans les cellules et forment l’eau intracellulaire qui est impliquée dans de nombreuses réactions biochimiques. Elle est appelée eau de constitution et représente plus de 50% de notre poids, soit 35 litres environ pour un adulte de 70 kg. 


 L’autre tiers, est de l’eau extracellulaire (lymphe, 15% du poids corporel soit 10 litres et plasma, 5% du poids du corps, près 3,5 litres.




Si nous sommes donc essentiellement des êtres hydriques constitués d’environ 70% d’eau en poids, il est encore plus fondamental de retenir que l’eau, majoritairement sous forme interfaciale,  représente 99% des molécules de chacune des quelques 10.000 milliards de cellules qui nous composent


                       (Merci à Marc Henry pour les données de ce tableau)



"99% of Your Molecules are Water" (Dr Gerald Pollack)








Pourquoi raisonner en nombre de molécules d'eau corporelle plutôt qu'en masse ?

1) http://prmarchenry.blogspot.fr/2014/05/escherichia-coli.html

2) http://prmarchenry.blogspot.fr/2014/05/eau-et-vie.html

3)


 Cette donnée biologique essentielle pour le fonctionnement du vivant, est majoritairement ignorée ou non intégrée par la plupart des biologistes et cliniciens. Voir l'article : "Nous sommes des êtres hydriques et pourtant (3): une biologie anhydre !"

Précisons que si notre hydratation corporelle diminue avec l'âge, c'est essentiellement la part de l'eau extracellulaire qui décline avec des différences selon le sexe.




 

Comment mesurer l'eau corporelle ?

La bioimpédancemétrie (BIA) multifréquentielle est l'une des méthodes les plus fiables permettant de mesurer l’eau corporelle totale (ECT) qui est la somme de l’eau intracellulaire (EIC) et de l’eau extracellulaire (EEC). En effet, à hautes fréquences, le courant est capable de traverser les membranes cellulaires, tandis que les basses fréquences mesurent essentiellement l’eau extracellulaire. Ainsi, seule des mesures multifréquences permettent de différencier et de calculer la quantité d’eau intracellulaire et d’eau extracellulaire.


    Il est ainsi possible à l'aide de cette technique de réaliser un profil hydrique d'un individu et de connaitre avec une bonne précision son statut hydrique (ratio EIC/EEC). La BIA est une mesure intégrée à la méthode "Eaulistic" d'évaluation globale de la qualité d'une eau de boisson.

Voir : http://lanaturedeleau.blogspot.fr/2016/01/qualite-de-leau-eaulistic-une-methode.html                                 



2 commentaires:

  1. merci Yann pour ces précisions. nous l'oublions souvent mais nous sommes bien des êtres hydriques. Et comme le disait Denis le Bihan notre cerveau étant composé d'eau en majorité, l'eau étant la molécule de l'esprit, vous pouvez vous imaginez de la qualité d'eau qu'il faut lui apporter au quotidien

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  2. Merci Stéphane pour ce commentaire (le premier de ce blog). En effet, la qualité des eaux alimentaires que nous ingérons (eaux de boisson, de cuisson et intra-alimentaire) doit posséder une haute valeur ajoutée biologique puisque ces eaux constituent notre matière intime à plus de 99%

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